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Connaître Dieu au temps du Corona

Il n’est de refuge contre Dieu qu’auprès de Lui !

J’ai toujours eu, pendant mon enfance, une affection particulière pour l’expression coranique : {( Il n’est de refuge contre Dieu qu’auprès de Lui )} [1] et je la répétais sans cesse afin de ressentir ma proximité avec Dieu. Cependant, je n’en ai réellement saisi le sens qu’après avoir été confrontée à une drôle de situation, il y a plus d’une vingtaine d’années, alors que mon fils était un petit enfant d’à peine trois ans. Il persistait tellement à vouloir toucher le four qui était très chaud, que j’ai été obligée de frapper sa main afin qu’il cesse et n’y revienne plus. Il pleura alors et se mit à tourner d’un endroit à l’autre de la maison sans réellement savoir où aller. Bien que son père l’appelait afin de le réconforter, quelle ne fut pas notre surprise de voir qu’il revint directement vers moi, plutôt que d’aller voir son père, et qu’il se mit à pleurer dans mon giron. Son père se mit à rire et dit : « Gloire et Pureté à Dieu ! »

Quant à moi, je me suis alors souvenu de Sa parole, Exalté soit-Il : {( Il n’est de refuge contre Dieu qu’auprès de Lui )} et je me suis dit que j’en avais enfin vraiment saisi le sens. Dieu, Gloire et Pureté à Lui et qu’Il soit Exalté, nous rappelle, lorsque nous sommes exposés aux difficultés, qu’il faut revenir à Lui chaque fois que nous nous en sommes éloignés [car c’est auprès de Lui que se trouve notre bien]. Et j’en ai alors ressenti une grande joie.

Le Virus Corona (COVID-19) et la Sagesse de Dieu :

Certes, ce qui se produit sur terre de catastrophes par le biais desquelles les humains sont affectés, telles que les maladies, les éruptions volcaniques, les tremblements de terre et les inondations, n’est rien d’autre que la manifestation des Noms de Dieu et de Ses Attributs. Et c’est en même temps un moyen d’éprouver et d’examiner l’être humain : il en sera rétribué de la meilleure des façons s’il endure patiemment, et châtié s’il fait preuve d’impatience. C’est aussi par le biais de ces fléaux qui l’atteignent que l’homme peut reconnaître la Grandeur de son Seigneur, tout comme il reconnait Sa Magnificence par le biais des dons qu’Il lui accorde [en temps normal]. A ce sujet, il a été dit : « Si l’être humain ne connait que les Attributs de la Magnificence Divine[2], c’est comme s’il ne connait pas Dieu, à Lui la Puissance et la Grandeur. »

J’ai un jour été questionnée au sujet de ceux qui sont éprouvés par les catastrophes, la maladie ou autre, et j’ai répondu : « La vie d’ici-bas, lorsque tu la compares à la vie éternelle de l’au-delà, ne dure qu’un instant. De là, tout ce que le croyant a eu à supporter dans sa vie d’ici-bas disparaît aussitôt qu’il goûte au moindre des bienfaits du Paradis, comme en a fait la bonne annonce le Messager de Dieu (sur lui la paix et le Salut). »

Il est clair que la présence de calamités, de maux et de douleurs est la cause qui se cache derrière l’athéisme de nombreux philosophes matérialistes contemporains. Parmi eux, on trouve le philosophe Antony Flew. Malgré qu’il prétendit être athée pendant la moitié du vingtième siècle, il reconnut l’existence de Dieu avant sa mort et écrivit un livre qu’il nomma : « Il y a un Dieu ! ». Lors de cet aveu, il dit : « La présence du mal et de la douleur dans la vie humaine ne s’oppose pas à l’existence de Dieu mais nous incite à reconsidérer Les Attributs Divins. » De plus, Anthony Flew considère que ces catastrophes ont des aspects positifs. Elles défient les capacités matérielles de l’homme et le poussent à inventer ce qui lui permettra d’être en sécurité ; de même, elles suscitent les meilleurs aspects de son être et le poussent à faire preuve d’altruisme et à aider les gens. La présence du mal et de la douleur a aussi eu le mérite de pousser l’homme à construire, ce qui donna naissance à différentes civilisations humaines à travers l’histoire ; il dit : « Peu importe le nombre de revendications concernant l’interprétation de ce dilemme[3], l’interprétation religieuse restera la plus acceptable et la plus cohérente avec la nature de la vie. »

Certes, celui qui se contente d’observer les choses en apparence verra ce que le virus Corona (COVID-19) cause de souffrances, d’incidents, de décès et ce qui en découle d’inconvénients (cessation de toutes les activités de la vie, isolement des gens confinés dans leurs maisons pour se protéger de cette maladie, etc.) et le verra inévitablement comme un mal. Sauf que le mal est relatif, pas absolu. Car si nous examinons la situation d’un autre point de vue, nous découvrons que, depuis le début de la période où le virus a commencé à se propager, l’indice de pollution est descendu au plus bas niveau. Ce fait a été constaté aux quatre coins du monde, suite à l’arrêt d’activité des avions et des automobiles. En effet, cet arrêt soudain a conduit à la diminution de l’émission de ce qui provoque la pollution et nuit à l’environnement. C’est comme si le globe terrestre et l’environnement entraient dans une phase de guérison tandis que le virus Corona (COVID-19) se répandait. Il faut donc absolument que l’humanité observe, réfléchisse et reconsidère les affaires relatives à sa vie.

Cette situation a réuni les familles à l’intérieur des maisons, tout comme elle leur a rappelé les bienfaits de Dieu à leur égard ainsi que les manquements dont les gens font preuve lorsqu’il s’agit de louer et remercier le Seigneur des mondes. L’être humain ne reconnaît la valeur de la Grâce qu’après l’avoir perdue. De même, les gens ont plus que jamais commencé à saisir l’importance de l’hygiène et de la nécessité de suivre de sérieuses méthodes de prévention. Ils ont aussi pris conscience du fait que l’utilisation excessive de désinfectants était nocive et qu’il fallait se laver régulièrement les mains avec de l’eau et du savon. Qui aurait pu imaginer tout ça ?

Il n’y pas l’ombre d’un doute que cet évènement de taille a restitué l’ordre des priorités de la vie. Tout comme il a montré la vulnérabilité de l’homme, sa fragilité et sa puissance mensongère [en le mettant] face à ses tentatives désespérées de vaincre ce microbe. Cette prétendue puissance a été détruite par un virus qu’on ne peut même pas voir à l’œil nu !

Cet évènement a brisé l’orgueil de ceux qui, pensant l’humanité arrivée au plus haut degré de la science pure, étaient devenus semblables aux divinités et croyaient que, de ce fait, ils pouvaient se passer de la religion et du Créateur.

Cette maladie décime les petits comme les grands, les faibles et les forts, les pauvres aussi bien que les riches, les hommes simples et les rois sans distinction aucune. Il nous est même parvenu que de nombreuses personnes riches avaient fui vers des refuges ou autres palais isolés afin de tenter de ne pas être touchées par les souffrances que cette maladie engendre. Oui, ceux-là même qui n’accordaient aucune importance à la majeure partie des épidémies parce qu’ils pensaient pouvoir s’en préserver en achetant des médicaments ! Le problème maintenant, pour les riches, c’est que bien que l’argent soit disponible, ce n’est pas le cas du traitement. Et c’est comme si le virus était venu rétablir la justice entre les gens, il ne fait ni la différence entre le fort et le faible, ni la différence entre le riche et le pauvre.

Et il est aussi surprenant de voir que l’humanité toute entière s’est unie, pour la première fois de l’histoire, afin de faire face à ce microbe.

S’il n’y a pas de Dieu, d’où nous vient tout ce Bien ?

L’athée qui s’interroge au sujet de la présence du mal dans la vie d’ici-bas, et l’avance comme prétexte pour nier l’existence de Dieu, nous révèle son manque de clairvoyance, la fragilité de sa pensée concernant la sagesse qui se trouve derrière ces évènements et qu’il n’est pas au fait de la situation. De plus, en posant sa question, l’athée reconnaît implicitement que le mal est une exception.

Pour cette raison, avant de questionner au sujet de la sagesse qui se trouve derrière l’apparition du mal, il aurait plutôt fallu poser la question plus appropriée qui est : « Comment se fait-il que le bien soit la base ? » Il n’y a aucun doute que cette question soit plus importante, il faut commencer par la cause de la présence du bien. De là, il sera possible que nous trouvions des explications à l’exception.

Les savants commencent par définir les règles permanentes et précises dans les sciences physiques, la chimie, et la biologie ; de là, le travail se clôture par l’étude des exceptions et des situations anormales par rapport aux règles. Par exemple, il n’est possible à l’athée d’avancer l’argument de l’apparition du mal qu’à partir du moment où il reconnaît l’existence d’un monde empli d’innombrables phénomènes pleins de beauté, ordonnés et bons. Et en comparant les périodes de santé avec celles où le mal apparaît tout au long de la durée moyenne d’une vie ; ou en comparant les dizaines d’années de prospérité et de bien-être aux périodes de désolation et de chaos ; ou en comparant encore les siècles du calme de la nature et sa tranquillité aux périodes d’éruptions volcaniques et de tremblements de terre [on est en droit de se demander] : d’où vient le bien prédominant à l’origine ? Un monde fondé sur le chaos et le hasard, [comme celui que revendiquent les athées], ne peux certainement pas donner un monde parfaitement ordonné.

Paradoxalement, les expériences scientifiques attestent que le niveau de désordre, de déclin et de décadence d’un système isolé augmente toujours et que, sans influence extérieure, ce processus est irréversible.

En d’autres termes, les choses sont vouées à se dégrader et à disparaître tant qu’un acteur extérieur n’agit pas sur elles. Ainsi, les milliards de particules invisibles qui nous entourent n’ont pas vocation à produire quoi que ce soit de bon d’elles-mêmes ; ni à faire en sorte que l’ordre soit répandu à grande échelle comme c’est le cas [sur terre]. Pour cela, il a fallu que Le Créateur ordonne ces phénomènes

[apparemment]

aléatoires, avant même qu’ils ne se manifestent dans les choses admirables [que nous reconnaissons] comme la beauté, la sagesse, la joie et l’amour. Et tout ceci seulement après avoir établi que la règle de base est le bien, et que le mal est l’exception.

Ibn al-Qayyim dit : « Le mal et la douleur sont : bienfaisance et miséricorde, ou justice et sagesse, ou réforme et mise en place d’un bien à venir ou le moyen de repousser un mal encore plus difficile. »

Lors d’un échange que j’ai eu avec un athée russe, de nombreuses questions ont été posées. Parmi elles, celle liée aux difficultés et aux douleurs qui affligent les gens. Je lui ai dit : « Notre perception du mal et de la douleur s’arrête à notre perception de la réalité de la vie d’ici-bas et de l’objet de la présence humaine au cœur de celle-ci. Cette perception est différente chez les religieux et les matérialistes. » J’ai ajouté : « Le point de vue matérialiste considère que la vie d’ici-bas n’a pas d’objet et que l’être humain, à sa mort, retourne au néant. Selon lui, il n’y aura ni résurrection, ni vie après la mort. De ce fait, il considère que l’homme doit profiter le plus possible de sa vie et que tout ce qu’il ressentira comme douleur, tout ce qui viendra entraver son plaisir lors de celle-ci est à considérer comme un mal absolu. Il considère aussi que tout mal et toute douleur auxquels l’homme est confronté dans sa vie ne sont rien d’autre que le fruit du hasard, tout comme l’apparition de la vie ici-bas. Selon ce point de vue, toute parole relative à l’existence d’un Dieu de miséricorde et d’amour régissant cette vie n’est qu’absurdité et futilité. »

Connaître Dieu :

{( Je n’ai créé les Jinns et les hommes que pour qu’ils M’adorent. )} [4]

Nous comprenons de ce noble verset que Dieu, Exalté soit-Il, a distingué les Jinns et les Hommes en leur accordant le libre arbitre, contrairement au reste des créatures ; et que la particularité de l’homme consiste dans le fait qu’il se tourne directement vers le Seigneur des mondes [sans intermédiaire], en Lui vouant un culte exclusif de son plein gré. Et c’est par cela qu’il fait que se vérifie la sagesse Divine d’avoir placé l’homme à la tête de toutes les créatures.

Le fait de Connaître le Seigneur des mondes s’acquiert en comprenant le sens de Ses Noms les plus beaux et de Ses Attributs Suprêmes qui se divisent en deux groupes fondamentaux[5] :

Les Attributs de la Magnificence : relatifs à la miséricorde, le pardon et la bienveillance tels que Le tout Miséricordieux (Ar-Raḥmân), Le très Miséricordieux (Ar-Raḥîm), Le Grand Pourvoyeur (Ar-Razzâq), Le Donateur Gracieux (Al-Wahhâb), Le Bienfaisant (Al-Barr), Le Bienveillant (Ar-Ra`oûf), etc.

Les Attributs de la Majesté :  relatifs à la force, la capacité, la grandeur, la prestance et le prestige tels que Le tout-Puissant (Al’Azîz), L’Imposant (Al-Jabbâr), Le Dominateur Suprême (Al-Qahhâr), Celui qui retient (Al-Qâbiḍ), etc.

Le fait de connaître les Attributs Suprêmes de Dieu, Exalté soit-Il, permet de L’adorer comme il sied à Sa Grandeur, de Le Glorifier et de reconnaître qu’Il est exempt de tout ce qui ne Lui convient pas, espérant Sa Miséricorde, en craignant Sa Colère et Son Châtiment. L’adorer consiste à se conformer à Ses ordres, s’éloigner de Ses interdits, entreprendre la réforme et peupler la terre. En se basant sur ce qui vient d’être dit, ce qu’on comprend de la vie d’ici-bas c’est qu’elle est une épreuve et un test pour l’humanité. Ceci, afin que les gens se distinguent les uns des autres, que Dieu élève les pieux, qu’ils méritent le pouvoir de Gouverner et héritent du Paradis dans l’au-delà ; tandis que les corrupteurs seront déshonorés ici-bas et leur fin sera le châtiment du feu.

{( Nous avons placé ce qu’il y a sur la terre pour l’embellir, afin d’éprouver (les hommes et afin de savoir) qui d’entre eux sont les meilleurs dans leurs actions.)}[6]

Le vrai concept de Dieu

Afin d’illustrer à quel point s’est dégradé le lien qu’entretiennent les gens avec le Seigneur des mondes, je présente ici un échange que j’ai eu avec une femme athée. En fait, elle disait qu’après avoir été croyante, elle était devenue athée. Je lui ai demandé pourquoi et elle m’a répondu avoir invoqué Dieu, afin qu’Il sauve sa fille atteinte du cancer, en disant que s’Il la sauvait, elle croirait en Lui. La fille est morte et la mère a apostasié.

Cette histoire fait partie de celles qui m’ont beaucoup marquée. Gloire et Pureté à Dieu ! ce qui m’est venu à l’esprit au moment où elle m’a dit cela, c’est qu’ils n’ont réellement pas estimé Dieu comme Il doit l’être.[7] Ils se comportent à l’égard de Dieu en fonction du principe : « Si tu me donnes, je crois en Toi ; et si tu ne me donnes pas, je ne crois pas en Toi ! » Ainsi, cette femme ne connaissait pas Dieu correctement, tout comme elle ne connaissait pas la réelle valeur de la vie que nous menons ici-bas. Ceci car, si elle connaissait la valeur de cette vie, elle n’aurait jamais fait ce qu’elle a fait, ni ne se serait jamais comportée avec son Seigneur comme elle l’a fait.

Par exemple, en mathématiques, les scientifiques disent que tout nombre comparé à l’infini équivaut à zéro. Or, notre vie se résume à un nombre [d’heures, de jours et d’années] et chaque jour nous en perdons une partie. Ainsi, même si nous vivions cent ou deux cent ans, ils ne représentent rien comparés à l’infini. Et la mort vient inévitablement, à tous les âges, sous la forme d’une maladie, ou sans que la personne qu’elle atteint ne soit malade, et l’heure de la mort est déterminée.  En réalité, nous vivons dans le zéro.

J’ai dit à la dame : « Tu ne connais pas Dieu correctement ! Car, si tu Le connaissais réellement comme il faut, tu n’aurais jamais refusé de croire en Lui, ni même de te soumettre à Lui. Ton ignorance des Attributs de Dieu fait que tu te comportes à Son égard comme s’Il s’agissait d’un homme avec qui tu étais en train de faire du troc, Gloire et Pureté à Lui. Prendrais-tu Dieu pour ton collègue de travail ? Qui est Dieu selon toi ? Considères-tu ta foi comme un projet [commun] entre toi et Dieu ? As-tu pensé que cet évènement qui te touche soit à considérer comme un mal et que, de ce fait, tu te devais de rendre le mal par le mal ? C’est vraiment une chose surprenante ! Es-tu éternelle sur cette terre ? Si tu connaissais réellement Dieu, tu n’aurais pas mécru en Lui alors qu’Il est plus Miséricordieux envers toi que ne le sont ta mère et ton père et alors qu’Il détient un Paradis aussi large que les cieux et la Terre réunis[8] ! Tu souhaites réellement perdre tout cela pour la simple vie d’ici-bas ? Préfères-tu le zéro à l’infini ? »

J’ai ajouté : « Il n’est pas cohérent de statuer sur une pièce de théâtre sans l’avoir vue jusqu’à la fin, tout comme il n’est pas cohérent de refuser un livre pour la simple et bonne raison que sa première page ne plaît pas ! Ce genre de jugement est considéré comme non fondé. »

De nombreuses questions qui se répétaient et demandaient comment protéger nos enfants de l’athéisme me sont parvenues. Je dis et je répète que la solution ne se trouve que dans le fait d’avoir une bonne compréhension de qui est le Dieu que l’on adore. Ceci car quiconque connaît Dieu [s’en remet à Sa Sagesse, et] tout devient secondaire pour lui. Naturellement, nous ne saisissions pas la sagesse cachée derrière bon nombre des gestes de nos pères et mères lorsque nous étions enfants. On se demandait toujours : « Pourquoi les parents agissent de cette manière ? Est-ce que mon père m’aime réellement ? Pourquoi n’est-il pas d’accord pour que je participe à ce voyage ? Ma mère m’aime-t-elle vraiment ? Et si elle m’aime vraiment, pourquoi me force-t-elle à étudier et à obtenir de bonnes notes ? Pourquoi m’oblige-t-elle à faire mes devoirs ? Pourquoi maman m’envoie-t-elle me coucher tous les jours de bonne heure ? » Une fois que nous avons grandi et que nous avons nous aussi eu des enfants, nous avons compris la sagesse qui se cachait derrière le comportement de nos parents. Et nous avons aussi compris que personne à la surface de la terre n’aimait et ne désirait le bien pour nous autant qu’eux.

Ainsi, il est très important de bien comprendre le vrai concept de Dieu. Car une fois que l’on connaît Dieu comme il se doit, on trouve l’explication à bon nombre de questions relatives aux affaires [de la vie], et les horizons de la compréhension et de la connaissance s’élargissent. A ce moment, l’homme atteint sa maturité et devient apte à résoudre beaucoup de difficultés qu’il rencontre.

{( Nul malheur n’atteint l’homme sans la permission de Dieu. Et quiconque croit en Dieu, Dieu guide son cœur. Dieu connait toute chose. )} [9]

Nous entendons beaucoup parler du fait que l’athéisme augmente en raison des guerres causées par l’homme et des catastrophes naturelles. Il ne fait aucun doute que Dieu avait prévu que ces choses arrivent, il s’agit d’une épreuve et d’un test de leur foi, du fait que beaucoup de gens adorent Dieu d’une façon indécise.

{( Il en est parmi les gens qui adorent Dieu d’une façon indécise. S’il leur arrive un bien, ils s’en tranquillisent, et s’il leur arrive une épreuve, ils détournent leur visage, perdant ainsi (le bien) de l’ici-bas et de l’au-delà. Telle est la perte évidente ! )} [10]

Dois-je adorer Dieu et l’évoquer seulement en période d’aisance et mécroire en Lui dès que je fais face à la difficulté ?

La Miséricorde du Créateur :

Un jour, j’ai dialogué avec un athée américain et je lui ai dit : « Le Créateur, Celui qui a créé ses serviteurs, est plus miséricordieux à leur égard que leurs propres mères ; quant au croyant, dès lors qu’il considère que Celui qui le jugera au Jour de la Résurrection est son Seigneur, Celui qui l’a créé, et qu’Il est plus miséricordieux à son égard que celle qui l’a mis au monde, imagine l’ampleur de sa joie et combien il est apaisé lorsqu’il envisage son Seigneur

[de la sorte]

. C’est suffisant [pour nous apaiser], car nous ressentons alors une telle joie ici-bas qu’elle ne tarde pas à atténuer toutes sortes de difficultés [que nous pouvons rencontrer].

Je lui ai alors donné un simple exemple exprimant l’importance de connaître la miséricorde de Dieu, je lui ai dit : « S’ils t’avaient annoncé que celle qui parle avec toi en ce moment est une dompteuse de lions, par exemple, qu’elle a une forte personnalité, qu’elle est impitoyable et qu’il est fort possible qu’elle te fasse du mal. Tout naturellement, tu les aurais crus, car tu ne me connais pas, et tu aurais pris les précautions nécessaires en tremblant. Cependant, quiconque me connait bien ne tarderait pas à être étonné et à sourire de ces informations, car il sait pertinemment que j’ai peur ne serait-ce que des chats ! » Et il rigola beaucoup.

Lors d’un échange que j’ai eu avec l’un des prêtres du Vatican, alors que nous étions en train de débattre, je lui ai expliqué la croyance du Monothéisme Pur. Je lui ai dit : « Le musulman croit en un Dieu Seul et Unique, qui n’a ni associé, ni enfant, et qu’Il a envoyé, Exalté soit-Il, les Prophètes et les Messagers comme Jésus, Moïse et Muḥammad afin de transmettre le Message de l’Unicité [At-Tawḥîd] dans le monde. Il a créé Jésus sans père, Adam sans père ni mère, Il crée sans enfanter et Il nous a ordonné de L’adorer Lui Seul, tout comme eux L’ont adoré. Ainsi, nous adorons Dieu tout comme Jésus a adoré Dieu, et ce n’est pas Jésus que nous adorons. De même, nous adorons Dieu comme Muḥammad a adoré Dieu, et ce n’est pas Muḥammad que nous adorons, et c’est pour Dieu que nous prions. De la même façon, Marie priait pour Dieu Seul, et c’est pour cela qu’il ne faut pas que ce soit Marie que nous priions ou que nous demandions quoi que ce soit de sa part. Bien plus, nous demandons à Dieu, tout comme Marie demandait à Dieu, directement.

Ce prêtre m’a alors coupé la parole et a dit : « Nous, nous ne considérons pas que Marie soit Dieu, et nous ne l’adorons pas. Mais nous l’utilisons comme un moyen nous permettant de parvenir à Dieu. » Et il a justifié cela en donnant l’exemple de la famille, lorsque les enfants demandent, par exemple, une augmentation de leur argent de poche ou autre chose du genre, ils se tournent vers la mère afin qu’elle serve d’intermédiaire entre eux et leur père. Car le cœur de la mère est bon, tendre, qu’elle les aime davantage et qu’il est possible qu’elle fasse parvenir leur requête à leur père d’une meilleure manière. Naturellement, ma réponse à ce sujet fut claire et sans équivoque au point qu’il s’en étonna. Je lui dis : « Oui, ta parole est juste ! Mais c’est [uniquement valable] dans le cas où les enfants ne connaissent pas correctement leur père. Et c’est du fait qu’ils croient que leur mère est plus miséricordieuse à leur égard que lui. Cependant, s’ils avaient su que ce père est plus miséricordieux que la mère, ils se seraient directement adressés à lui. Il s’agit là de l’ignorance des enfants de la réelle nature de leur père. »

J’ai poursuivi en lui disant : « Si les êtres humains connaissaient Dieu comme il se doit, et s’ils savaient que Dieu est plus Miséricordieux à leur égard que ne le sont leurs propres mères et pères, ils se seraient adressés à Lui directement ! » Il me coupa une seconde fois et dit : « Non, tu ne me comprends pas ! Nous n’utilisons Marie que comme un moyen de parvenir au Seigneur des mondes. A l’instar de celui qui veut inviter ses visiteurs, par exemple, et pose les boissons sur un plateau [afin de les leur faire parvenir]. Marie est pour nous le plateau par le biais duquel on envoie nos requêtes au Seigneur des mondes. » Je lui dis alors : « Gloire et Pureté à Dieu ! Qui était donc le plateau par le biais duquel marie faisait parvenir ses requêtes au Seigneur des mondes ? Marie a-t-elle adoré Dieu directement ou par le biais d’un intermédiaire ? A-t-elle déposé ses prières sur un plateau ?  Informe-moi ! A-t-elle adoré Jésus ? Ou bien est-ce que Jésus l’a adoré elle ? Ou encore, a-t-elle pris un prêtre, un médiateur ou un quelconque saint comme intermédiaire ? »

Cette anecdote fut pour moi le point de départ et la cause de l’écriture de mon livre : « Le vrai concept de Dieu » par le biais duquel j’ai voulu montrer au monde que, de nos jours, le sens véritable de Dieu s’était perdu. En effet, les adeptes de l’indouisme, par exemple, croient eux aussi à un Dieu Seul et Unique. Mais quelqu’un les a convaincus qu’Il s’incarne dans une pierre ou une statue et cela leur a plu puisqu’ils ne connaissaient pas qui est Dieu ! Ils ne savaient pas qu’Il ne s’incarne ni sous forme humaine, ni sous forme animale et qu’Il est par la Grandeur et la Pureté de Son Essence bien au-delà des cieux et de la terre, de même que Sa Volonté et Son Pouvoir s’appliquent à l’ensemble de Ses créatures.

Ne pas connaître le Seigneur des mondes conduit à élaborer des idées ou des conceptions erronées à l’égard de Dieu, comme le fait qu’Il y ait en Lui trois hypostases ou qu’Il apparaisse sous la forme d’un être humain, Gloire et Pureté à Lui. La déformation du véritable sens de la Divinité dans l’Ancien Testament ne s’est pas contenté d’embrouiller l’esprit des gens et de les laisser dans la confusion ; bien plus, cela les a poussés à se réfugier dans l’athéisme et à se détourner complètement de la religion.

La Torah que Dieu, Gloire et Pureté à Lui et qu’Il soit Exalté, a fait descendre sur Moïse, que la paix soit sur lui, a évoqué que Dieu, par ses Attributs Sublimes, est Le Seul, L’Unique, Celui qui n’a pas d’associé ni d’équivalent, Le Maître dont l’autorité est totale, Celui qui ne meurt pas, Le Créateur, L’Éternel, Le Miséricordieux, Celui qui est Pur de tous défauts et manquements, et qu’Il est Le Seul digne d’être adoré. Mais nous trouvons

[aussi]

dans l’ancien testament (la Torah déformée) qu’ils Lui attribuent des caractéristiques qui ne conviennent pas à Sa Majesté (comme le fait qu’Il oublie, qu’Il ne sache pas, qu’Il ait peur ou qu’Il se repose), Gloire et Pureté à Lui de tout ce qu’ils lui attribuent, Exalté soit-Il. Il est bien au-delà de tout cela.

Pendant mon enfance, je me demandais toujours pourquoi Dieu, Exalté soit-Il, avait-Il évoqué dans le Noble Coran qu’Il avait créé les cieux sans se fatiguer. Je m’étonnais beaucoup de la nécessité de mentionner ce point du fait qu’il est bien connu [des musulmans] que Dieu, Exalté soit-Il, ne se fatigue pas. Cela se prolongea jusqu’à ce que je m’investisse dans le domaine de la prédication et prenne connaissance du fait que les chrétiens ont pour croyance que Dieu, lorsqu’Il créa les cieux et la terre, se reposa le dimanche. Ils me demandaient sans cesse pourquoi les musulmans ne considéraient-ils pas le dimanche comme un jour saint et je répondais tout simplement que c’est parce que Dieu ne se fatigue jamais et qu’Il n’a donc aucun besoin de se reposer. L’étonnant, c’est qu’ils riaient franchement à l’écoute de ma réponse et qu’ils disaient : « Oui, effectivement, tu as raison ! »

Le Monothéisme Pur est la Voie du Salut:

C’est une erreur de présenter l’Islam en disant qu’il consiste au fait de croire en un Dieu Seul et Unique et de s’arrêter là. L’Islam, c’est croire en Un Dieu Seul et Unique, le Créateur à qui rien ni personne ne ressemble, et L’adorer Lui Seul, sans avoir à passer par un prêtre, un saint ou un quelconque intermédiaire.

L’Islam ce n’est pas seulement reconnaître à Dieu les actes dont Lui Seul est capable (L’Unicité de la Seigneurie) mais aussi reconnaître que Le Seigneur des mondes est Le Seul qui soit digne d’adoration (L’Unicité dans l’adoration ; qui signifie l’adorer Lui Seul, sans intermédiaire, ni associé). Certes, le fait de croire en Un Dieu Seul et Unique (L’unicité de la Seigneurie) est présent dans de nombreuses religions et était même présent dans la croyance des mécréants de Quraych[11]. Lorsqu’ils ont été questionnés concernant la raison qui les poussait à adorer les idoles, ils ont répondu qu’ils ne les adoraient que pour qu’elles les rapprochent davantage de Dieu. Ainsi, ils ne niaient pas l’existence de Dieu. Et en examinant minutieusement les croyances des peuples, nous découvrons que la plupart des communautés ayant un héritage religieux, même si leurs signes religieux diffèrent, continuent de croire en l’existence d’Un Créateur auprès duquel elles cherchent refuge lorsqu’elles sont touchées par des difficultés. Et cela fait partie des choses qui confirment que ces religions et ces croyances ont des fondements historiques émanant d’une seule et même religion authentique ; et que ce dont les peuples disposent actuellement comme héritage religieux comprend intrinsèquement la croyance en L’Unicité Divine ainsi que la foi en un Dieu Unique à qui l’adoration est exclusivement vouée. De même, on trouve dans ces religions, ainsi que dans les livres, des preuves et des signes qui indiquent que leurs racines et leurs fondements reviennent à la croyance de l’Islam et du Monothéisme Pur.

Les divergences entre les religions se résument à la manière utilisée pour communiquer avec le Créateur, directement ou par le biais d’intermédiaires (saints, prêtres, idoles ou Prophètes). Ainsi, si toutes les religions délaissaient l’adoration des intermédiaires et se tournaient directement vers Le Créateur, l’humanité serait unie, les cœurs droits et guidés vers la vérité. De la même façon que tout le monde s’accorde sur l’Unicité du Créateur et s’adresse à Lui directement, sans associé ni intermédiaire, lorsqu’arrivent les calamités et autres difficultés, il faut que tout le monde appelle, dans l’aisance comme dans la difficulté, à n’adorer que Le Seigneur des mondes, sans Lui associer qui ou quoi que ce soit. Comme cela figure dans le Noble Coran :

{( Dis : « O gens du Livre, venez à une parole commune entre nous et vous : que nous n’adorions que Dieu, sans rien Lui associer, et que nous ne nous prenions point les uns les autres pour seigneurs en dehors de Dieu ». Puis, s’ils tournent le dos, dites : « Soyez témoins que nous, nous sommes soumis ! ». )} [12]

Conclusion:

La vie d’ici-bas est le début d’un voyage éternel que l’être humain reprendra après la mort ; par la Résurrection, les comptes, puis, de là, la rétribution. L’Islam considère que notre présence ici-bas a un but, un noble objectif qui n’est autre que celui de Connaître Dieu, à Lui la Puissance et la Grandeur, de L’adorer et que l’on se tourne directement vers Lui. Ce qui arrive comme épreuves a été voulu par Dieu, tout comme ce que Dieu a voulu se réalise. La volonté Divine est liée à la Sagesse absolue, la sagesse absolue est liée au bien absolu, et il n’y a pas de mal absolu dans l’existence.


[1] Coran : 9/118

[2] Tous ceux qui sont relatifs à la miséricorde, le pardon, la bienveillance, etc.

[3] Le fait que l’humanité soit touchée par des calamités.

[4] Coran : 51/65.

[5] D’autres classifications existent.

[6] Coran : 18/7.

[7] Coran : 6/91.

[8] Coran : 3/133

[9] Coran : 64/11.

[10] Coran : 22/11.

[11] Tribu de la Mecque, contemporains du Prophète Muḥammad (sur lui la paix et le salut).

[12] Coran : 3/64.

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